48 heures après leur incarcération à la maison d’arrêt et de correction de Kissidougou, les membres de l’exécutif communal de la commune urbaine, inculpés dans un dossier de malversations financières, ont comparu pour la première fois ce vendredi 3 octobre 2025, par devant le Tribunal de Première Instance de Kissidougou.

C’est un procès à la fois historique et populaire qui s’est tenu sur fond d’un impressionnant dispositif sécuritaire et d’une large mobilisation des citoyens venus des 4 coins de la cité de Kissi-kaba Keita. Au nombre de 6 personnes y compris le président de la délégation spéciale de la commune urbaine, les prévenus dans cette affaire sont poursuivis pour des faits de détournement de deniers publics, de corruption, de concussion et de complicité ; des faits qui sont punis par les articles 654,655,557,771 et 19 du code pénal.
Au compte de l’audience de cette première journée, le tribunal a immédiatement procédé à l’ouverture des débats, permettant à chacun des 6 prévenus de donner sa version des faits et de répondre aux questions du tribunal et du ministère public. Dans cette phase des questions-réponses, les prévenus n’ont pas directement reconnu la responsabilité des 310 millions GNF, pour lesquels ils sont accusés d’avoir détournés.
Il faut noter que des lignes ont véritablement bougé sur certains points dans ce dossier. Par exemple, sur un montant de plus de 40 millions alloués au reboisement dans la commune urbaine, le vice-président a reconnu que le président, le receveur et le secrétaire général et lui-même se sont partagés les 31 millions de ce montant, chargeant ainsi le PDS qui disait dans un premier temps qu’il n’était au courant de rien dans cette affaire d’argent.
En plus, sur les 70 millions décaissés pour l’achat d’un camion benne, le receveur a reconnu à la barre que c’est lui-même qui avait remis le chèque au bénéficiaire de ce contrat, mais que 9 mois après, le camion benne est toujours introuvable.
Concernant les manquements administratifs qui figuraient dans le mémorandum des conseillers, le receveur a reconnu qu’il était obligé de faire cumul de fonctions, en s’adjugeant le statut du secrétaire général de la commune urbaine, clamant haut et fort l’incompétence notoire de ce dernier, lequel a été d’ailleurs qualifié de simple figurant à la commune urbaine.
Quant à l’ingénieur-conseil auprès de cette collectivité, il a fondu en larmes à la barre en voyant son nom associé à des cas de malversations dont il ne serait pas responsable. Mais dans la suite des débats, il a été à son tour secoué par les questions du ministère public qui lui reprochait une question d’éthique notamment dans son double rôles d’ingénieur et d’entrepreneur dans l’obtention de deux marchés de gré à gré.
Pratiquement, cette première journée d’audience a été laborieuse pour le tribunal, car quasiment tous les points essentiels autour de ce dossier ont été soulevés par le parquet.
Dans la foulée, le procureur a fait une réquisition auprès du tribunal sollicitant l’intervention d’un expert financier dans ce dossier, pour contribuer à la manifestation de la vérité. Et finalement, cette requête du magistrat debout a été unanimement saluée et acceptée par le tribunal et l’ensemble des prévenus.
C’est aux environs de 17 heures que le président du tribunal a décidé de mettre fin à cette audience en la renvoyant au lundi 6 octobre 2024, pour la suite des débats et pour la comparution d’autres personnes citées dans cette affaire de détournement qui semble avoir des ramifications signifiantes.
Il faut signaler qu’à la suite des débats de cette première audience, les 4 principaux prévenus se sont retournés à la maison d’arrêt et de correction de Kissidougou. Il s’agit notamment du PDS Elhadj Mamady Iva Sanoh, du vice-président de la délégation spéciale Mamadi Mansaré alias »l’homme », du receveur Michel Kamano et du secrétaire général Moussa Kourouma.
Quant aux deux autres coaccusés à savoir Amadou Oury Bah, l’ingénieur conseil et madame Alice Mansaré, la cheffe cantonnement forestier de la commune urbaine de Kissidougou, ils ont simplement regagné leurs domiciles respectifs.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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