À Kankan, les réactions des acteurs sociopolitiques ne se sont pas fait attendre, suite à l’annonce des résultats provisoires du référendum constitutionnel. Le « OUI » l’emporte largement avec 89,38 %, selon les chiffres publiés par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) dans la nuit du mardi 23 septembre 2025. Une satisfaction générale chez les acteurs sociopolitiques interrogés par notre correspondant régional ce mercredi 24 septembre.
Pour Sékou Kaïssa Cissé, activiste de la société civile à Kankan, cette large victoire du « OUI » reflète la volonté du peuple guinéen d’instaurer une nouvelle ère institutionnelle, après des années d’instabilité juridique, en soulignant également le caractère pacifique du scrutin.

‘’Ma toute première analyse, c’est la satisfaction face aux résultats issus des urnes. Le scrutin du 21 septembre 2025 a été organisé par l’État pour offrir à la population guinéenne l’opportunité de se prononcer sur une nouvelle Constitution. Depuis le 5 septembre 2021, la Guinée vivait dans un vide constitutionnel. Aujourd’hui, l’État a pris ses responsabilités. Ce vote s’est déroulé dans le calme et la sérénité. Les résultats provisoires proclamés par le MATD sont l’émanation du peuple guinéen dans toute sa diversité’’, a-t-il déclaré.
Interrogé sur les perspectives qu’ouvre cette nouvelle Constitution, M. Cissé insiste sur la responsabilité future de l’État.
‘’L’État doit désormais respecter scrupuleusement les 199 articles de cette nouvelle Constitution, notamment en matière d’éducation et de santé. Il en va de l’avenir démocratique du pays’’, a-t-il insisté.
Quant à Antoine Dôgbô Guilavogui, ex-secrétaire fédéral de l’UFDG à Kankan, il exprime lui aussi sa satisfaction générale, mais regrette certains résultats locaux jugés décevants.

‘’Un pays sans loi fondamentale court à la ruine. Je pense que l’organisation de ce référendum était nécessaire. Je m’attendais même à un score supérieur à 89,38 %, car il n’y avait aucun concurrent. C’est une affaire d’État, pas une affaire individuelle. Ce qui me déçoit, c’est que même en Haute-Guinée, certains ont voté non. Je m’attendais à un plébiscite. L’État a beaucoup investi ici. J’aurais aimé voir un 100 % du oui dans notre zone’’, a-t-il déploré.
Sur le contenu de la nouvelle loi fondamentale, il se montre optimiste. ‘’Beaucoup de lois sont conformes aux attentes du peuple. L’annonce selon laquelle l’État prendra désormais en charge les outils scolaires des enfants est une immense satisfaction. Nous avons connu cela à l’époque de Sékou Touré. C’est une grande joie pour les parents’’, s’est-il réjoui.
Alors que le MATD a livré ses résultats provisoires globaux, tous les regards sont désormais tournés vers la Cour suprême. Et si cette validation est confirmée, une nouvelle page institutionnelle s’ouvrira pour la Guinée. Dans un contexte encore marqué par les séquelles d’une transition prolongée, la mise en œuvre effective de cette nouvelle constitution sera scrutée de près, tant par les acteurs nationaux que par les partenaires internationaux.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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