Le drame survenu au stade 3 Avril de N’Zérékoré, le 1er décembre 2024, lors de la finale qui a opposé l’équipe de Labé à celle de N’Zérékoré, au compte du tournoi de football doté du trophée Général Mamadi Doumbouya, a endeuillé plusieurs familles. A la clôture de ses enquêtes, le collectif des ONGs de défense des droits humains a constaté le décès de 145 morts, des disparus et plusieurs blessés, alors que le gouvernement lui, parle de 56 morts.
Neuf (9) mois après cette tragédie, les victimes continuent de réclamer justice. Une plainte régulière avait été déposée par le collectif d’avocats des victimes, auprès du parquet du tribunal de première instance de N’Zérékoré. Fort malheureusement, à date, aucune communication n’a été faite à date concernant cette plainte. Ce « silence » prolongé des autorités judicaires censées être les mieux placées pour éclairer la lanterne de l’opinion nationale et internationale, laisse les victimes dans une inquiétude profonde.
Chez le coordinateur régional du collectif des ONGs de défense des droits humains de N’Zérékoré, c’est de la désolation. Il a exprimé ce sentiment de frustration vis-à-vis de la procédure, dans une interview accordée à notre correspondant régional ce vendredi 12 septembre 2025.

‘’C’est une tragédie où nous avons eu plus de 145 morts et beaucoup de blessés. Et jusqu’à présent, des parents continuent de pleurer, parce qu’ils n’ont pas encore retrouvé les leurs. Ça devrait être une priorité pour les autorités judiciaires pour rétablir ces citoyens dans leur droit’’, a estimé Emmanuel Fassou Sagno.
Pour lui, il est déplorable qu’à la suite de cette plainte, qu’aucune suite ne soit connue à date m.
‘’Malheureusement, plus de trois mois après le dépôt de cette plainte, l’affaire est pour l’instant sans réponse. Pourtant, comme la loi le veut, le procureur devait donner une suite à notre plainte. Il pouvait nous dire que notre plainte est classée sans suite, ou bien c’est recevable. Et il devrait à tout prix, l’orienter vers un juge insouciant pour instruire le dossier. Mais ni dans l’un ni dans l’autre, ça n’a pas été fait’’, a dénoncé le coordinateur régional des ONGs de défense des droits humains basé à N’Zérékoré.
Poursuivant, M. Sagno a estimé qu’à ce stade de la procédure, le juge devrait déjà entamer la phase de l’instruction, en vue d’écouter les victimes, qui sont les plaignants d’une part et d’autre part, pour écouter les présumés auteurs, ceux qui ont été accusés par la plainte.
Si toutefois la plainte ne trouve pas de suite, le défenseur des droits de l’homme ne compte pas s’arrêter là. ‘’Nous espérons que dans les jours à venir, cela serait fait. Et si ce n’est pas fait, nous sommes obligés de rappeler le juge devant lequel nous avons porté plainte’’, a promis Emmanuel Sagno.
Par ailleurs, il a rappelé les conditions de vie de ces victimes. Selon lui, jusqu’à nos jours, elles n’ont bénéficié d’aucun soutien digne de nom. Surtout ceux qui n’ont pas retrouvé leurs parents. Sauf quelques blessés qui ont été transportés à Conakry.
‘’Il y a beaucoup de blessés qui, encore, vivent les séquelles de cet événement. Et les familles endeuillées continuent à pleurer leurs morts. Donc, il n’y a pas eu de soutien psychosocial. Il n’y a pas eu d’accompagnement digne de nom, comme nous l’avons dit’’, a-t-il fustigé.
Malgré ces « manquements », Emmanuel Sagno reste debout et engagé sans relâche dans la lutte pour la cause des victimes.
‘’Vous savez, les questions de droits humains sont des questions très complexes, difficiles, parce que, quelque part, des personnes sont mises en cause, notamment des cadres de l’État, donc, ce n’est pas souvent facile. Mais ce qui est sûr, nous n’allons jamais abandonner, pas du tout’’, a-t-il conclu.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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