À quelques semaines du scrutin référendaire prévu le 21 septembre prochain, la Directrice Générale des Élections (DGE) Dame Camara Djenabou Touré a animé une conférence de presse dans l’après-midi de ce mercredi 3 septembre 2025. Il était question pour elle de dresser le bilan des activités réalisées et de rappeler aux partis politiques leurs obligations légales et organisationnelles.
S’exprimant sur la suspension des partis politiques (RPG, UFDG et PRP), la Directrice générale de la DGE a dénoncé les manquements constatés dans la gestion interne de plusieurs formations politiques, en particulier sur le plan financier et statutaire.
Selon elle, le RPG Arc-en-ciel, formation héritée de la fusion de plus d’une centaine de partis, n’existe plus sous sa forme initiale.
‘’Le RPG, souvent on nous dit vous avez suspendu. C’est vrai, mais c’est 100 et quelques partis qui ont formé pour donner le RPG arc-en-ciel. Le RPG n’existe plus. Et le RPG arc-en-ciel, ce qu’on leur demande comme document, c’est les pièces comptables. Et ça n’a pas été fourni. Mais il faut qu’à un moment donné, si nous voulons bien gérer notre pays, que la rectification institutionnelle que nous demandons, que nous les administrateurs, qu’on commence à l’appliquer. Si vous dites que les organes de votre parti, le bureau politique, vous dites le comité central, et qu’il y a 400 membres du comité central, le comité central ne se réunit jamais, vous n’avez pas les documents, vous ne donnez pas le registre, le registre de vente des cartes de membres, vous n’arrivez pas à justifier les fonds que vous avez pu avoir, il y a un véritable problème. Ça veut dire qu’il n’y a même pas d’alternance au sein de votre propre parti conformément au statut de règlement intérieur’’, a-t-elle fulminé.
Et d’ajouter : ‘’C’est vous qui dites que vous allez au congrès pour changer. L’UFR était dans la même situation. Mais si vous faites des statuts de règlement intérieur à l’image d’un gouvernement, forcément, ça va vous rattraper. Je prends le statut de règlement intérieur, – je n’aime pas citer les partis – , du PEDN. Vous savez que son président peut assister au congrès, même par, comme ils ont dit, l’éthique, les nouvelles technologies de l’information. Il est resté là-bas. Il a participé au congrès. Mais c’est dans leur statut de règlement intérieur. Donc, quand on fait une association à but politique, il faut l’alléger. Si vous tombez sur une association qui veut appliquer la loi, on vous confrontera à votre statut. Donc, le RPG, au-delà d’être en porte-à-faux avec certaines dispositions de l’achat, c’est d’abord son statut de règlement intérieur. C’est vrai qu’ils ont montré des preuves de l’organisation des congrès au niveau des sections élémentaires. Quand je reviens à la question du PRP, le troisième parti, on ne va pas me dire que c’est un parti important. Le troisième parti, lui-même, il est un militant de l’UFDG, parce qu’il milite plus dans l’UFDG qu’il milite dans son propre parti. Il n’a pas de siège’’, a-t-elle ajouté.
Même constat pour l’UFDG, principal parti d’opposition, accusé de n’avoir pas organisé de congrès depuis 2015.
‘’Je reviens à l’UFDG. Vous ne pouvez pas me dire que vous avez construit un siège qui fait plus de 10 milliards que vous n’en avez 20. Vous ne pouvez pas me justifier comment tout l’argent est rentré. Et que vous me dites simplement que les comptes sont avec des gens qui sont en prison, d’autres avec le trésorier qui est décédé, nous n’avons aucun document, les documents sont avec le président, ou
les documents se trouvent au palais Sékoutouréyah. Un parti politique n’est pas géré au palais Sékoutouréyah et vous avez un siège en première ligne. Il faut que ça nous interpelle tous. Que quand on doit travailler, on travaille selon les règles de notre pays (…). La liste des membres de l’organe de direction, c’est prévue. Mais donnez-nous la liste. Qui sont les membres de l’organe de direction ? Quel est le mandat ? Est-ce que le mandat des membres du bureau exécutif est respecté ? Les délais d’organisation, les états financiers, si on ne voit pas tout ça, si je dis que l’UFDG n’a pas fourni les états financiers, ils ont bien fourni les états financiers certifiés. Les registres de cotisation et d’adhésion, on n’a pas les liens, mais on a sous-estimé les parties qui avaient toutes, en nombre, cotisation, saisie, datée, la vente des cartes de ventes. Et quand vous me dites que vous avez vendu 10 000 cartes, et que vous avez fait 50 000 cartes, 50 000 cartes que vous vendez à 5 000, l’argent a été versé comment ? Ça a été utilisé ? Aujourd’hui, on questionne, on parle de beaucoup de choses. Le registre des donateurs, quand c’est un leader politique qui devient le donateur des autres partis politiques, qu’est-ce que la loi dit par rapport à ça ? Donc, l’UFDG n’a pas organisé de congrès depuis 2015, depuis l’année 2015, et on a demandé des procès-verbaux, des procès collectifs, à tous les niveaux, on n’en a pas eu (…). On nous a présentés un document, qui est en violation des dispositions statutaires. Parce qu’au contexte d’assimiler une convention nationale à un congrès du parti, la convention nationale du parti est différente du congrès. Parce que le congrès est tellement bien organisé, c’est comme un gouvernement’’, a-t-elle révélé.
Suite à la suspension de ces formations politiques à l’approche du referendum, la directrice générale a tenu à justifier cette décision. ‘’Pour dire pourquoi la période ? A la veille du scrutin? Vous êtes dans un processus depuis trois ans. Et entre le moment qu’on a donné les certificats avec les observations, ils avaient que 45 jours. C’est le RPG qui avait 90 jours. Si les 90 jours arrivent, qu’on réévalue, de 77, on s’est retrouvés à 125 et les autres n’ont pas fait. Forcément, la loi doit s’appliquer à eux. Quelle que soit la période’’, a-t-il indiqué.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
