Ce vendredi 15 août 2025, la salle de conférence de l’hôtel Noom a servi de cadre aux voix et aux récits de plusieurs jeunes filles venues des quatre coins de la Guinée pour faire entendre leur voix. Réunies autour des panels pour la première Consultation Nationale des Filles, elles portent un objectif clair : façonner un Agenda Régional des Droits des Filles en Afrique de l’Ouest en partant de leurs réalités et de leurs aspirations.

Organisé par le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée (CJFLG), avec l’appui de l’UNICEF, ces filles partageront durant deux jours, leurs réalités, leurs espoirs et leurs priorités.
Prenant la parole, Oumou kaïry Diallo, directrice exécutive du CJFLG, a dressé un tableau saisissant des réalités vécues par de nombreuses filles à travers le pays.

‘’C’est avec un immense honneur et une profonde joie que je me tiens devant vous ce matin, pour vous souhaiter la bienvenue à ces Consultations nationales des jeunes filles de Guinée, violées, mutilées, battues, mariées trop tôt, réduites au silence. Et, comme si cela ne suffisait pas… blâmées pour ce qu’elles ont subi.
Voilà quelques réalités qui décrivent le quotidien de certaines jeunes filles en République de Guinée et ailleurs. Ce ne sont pas que des mots. Ce ne sont pas que des statistiques. Ce sont des cicatrices, des histoires vraies, des vies brisées. Ce sont des blessures qui marquent nos vies, nos familles, nos communautés et qu’on traverse à chaque saison.
En Guinée et ailleurs, nombreuses sont ces jeunes filles qui portent sur leurs épaules, le poids de violences qu’elles n’ont pas choisies. Ce n’est ni juste, ni une fatalité et donc, ne saurait perdurer dans une société qui s’émancipe chaque jour.
C’est pourquoi, aujourd’hui, ici, dans cette salle, nous refusons de rester dans l’ombre. Nous refusons de porter l’étiquette de victimes. Aujourd’hui, cette salle réunit des voix, des esprits et des cœurs déterminés à bâtir un avenir meilleur pour toutes les filles de Guinée. Nous sommes ici pour réfléchir, proposer et agir’’, a-t-elle déclaré.

Présente pour donner le coup d’envoi de cette activité, Charlotte Daffé, ministre de la Promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables, a insisté sur la nécessité de passer de la parole aux actes.

‘’Je formule le vœu que ces consultations soient un tremplin pour formuler des propositions fortes et réalistes, capables de nourrir les politiques et programmes en faveur des filles. Je souhaite que les discussions abordent sans détours les réalités les plus difficiles :
• L’accès encore limité à une éducation de qualité ;
• Le maintien des filles à l’école ;
• Les violences basées sur le genre : Les MGts ;
• Les mariages d’enfants ;
• Les grossesses non désirées qui brisent tant de parcours.
C’est pour cela, en tant que ministre en charge de la Promotion de la femme, je prends l’engagement de :
• Mettre en place un cadre de coordination des acteurs gouvernementaux, des partenaires et de la société civile, avec des réunions trimestrielles et un tableau de bord partagé ;
•Renforcer la cohérence des interventions, en alignant projets et financements sur des priorités communes (éducation, protection, santé sexuelle et reproductive, autonomisation) ;
•Suivre et publier chaque année des résultats mesurables sur les droits des filles, pour rendre compte à la Nation. Que cette rencontre soit l’occasion d’un dialogue constructif, et qu’elle ouvre la voie à une action collective plus forte pour bâtir une Guinée où chaque fille peut réaliser pleinement ses aspirations et son plein potentiel. C’est sur ces mot que je déclare officiellement, ces deux jours de consultation nationale des filles de Guinée’’, s’est-elle engagée.

Pour sa part, Maddelena berto lotti, représentante de l’UNICEF, a souligné l’importance de bâtir un futur commun pour chaque fille.

‘’C’est avec une immense joie et un profond sentiment de responsabilité générationnelle, que je prends la parole aujourd’hui. Nous nous réunissons ici non seulement pour dialoguer, mais pour construire ensemble une vision. Une vision dans laquelle, chaque fille de Guinée pourra grandir en sécurité, apprendre, s’exprimer librement, et réaliser pleinement son potentiel’’, a-t-elle déclaré.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
