Abdoul Karim Diallo, âgé de 25 ans et élève à l’école coranique au quartier Sogbè 1 (secteur Gadaparaya), a été admis au service des urgences de l’hôpital préfectoral de Kissidougou, suite à une agression qu’il aurait subie de la part des hommes en uniforme. Cet acte d’agression s’est produit ce mardi 5 août 2025, aux environs de 16 heures, au niveau d’un barrage de la gendarmerie routière, installé sur la route nationale RN2, précisément au niveau du tronçon Kissidougou-Guéckédou.
Compagnon du jeune motard agressé et témoin oculaire des faits, Amadou Diallo pointe un doigt accusateur sur trois éléments de la gendarmerie routière, postés au niveau de ce barrage situé à quelques 4 kilomètres de la commune urbaine.

‘’Cet après-midi, j’ai entamé un voyage vers la Sierra Leone en compagnie de Abdoul Karim Diallo. Chacun de nous était sur sa moto avec nos passagers. Quand nous sommes arrivés au niveau du premier barrage, on nous a demandés des vignettes, mais nous avons payé là-bas chacun 20 mille et on nous a laissé continuer. À 3 kilomètres de là, il y avait un autre barrage des gendarmes. Arrivés à leur niveau, on s’est tous arrêtés et les gendarmes nous ont demandés de payer pour la « levée du barrage ». Lorsque moi j’étais là à chahuter avec un gendarme que je connais très bien, Abdoul Karim a bougé. Alors, les gendarmes l’ont hélé pour qu’il s’arrête, mais il n’a pas entendu et il ne s’est pas arrêté. Donc, les gendarmes se sont mis à sa poursuite. Quand il a remarqué qu’il était poursuivi par les gendarmes, il a quitté la route nationale pour aller se réfugier dans un village à côté. Mais au bout d’un instant, il était revenu sur le goudron ; et quand les gendarmes l’ont aperçu, ils ont continué à le pourchasser. Finalement, ils l’ont rattrapé un peu devant, au niveau d’une colline. Les gendarmes étaient au nombre de trois, mais il y avait un qui était en civil. Donc, ils l’ont fait descendre violemment de sa moto avec sa passagère et ils ont commencé à le tabasser sur le goudron avec une extrême violence. Ils lui ont donné des violents coups de pieds jusqu’à ce qu’il s’est évanoui, je peux dire qu’il était maintenant mourant. Après l’agression, les gendarmes se sont retirés et ils ont abandonné le jeune dans nos mains. On était inquiets et on pensait tous qu’il allait mourir, moi j’avais commencé à pleurer. Alors, un instant après leur acte, un militaire était venu avec une voiture et il a embarqué le jeune pour le transporter à l’hôpital. À mon tour, j’ai informé les parents de la victime et on s’est tous retrouvés à l’hôpital’’, a-t-il rapporté.
Alerté de la situation, le chef de parquet du TPI de Kissidougou s’est rendu au chevet de la victime qui recevait des soins au service des urgences à l’hôpital préfectoral de Kissidougou.
Rencontré à la gendarmerie territoriale de Kissidougou, le commandant de la gendarmerie routière a reconnu que ses hommes étaient bel et bien postés au niveau du barrage où l’incident a eu lieu et qu’il aurait convoqué le chef de poste pour des explications. Il avait promis de nous revenir pour d’amples explications plus tard, mais jusqu’au moment où nous mettions cette dépêche en ligne, il était injoignable.
En attendant la version de la gendarmerie routière, cette affaire est diversement commentée par les citoyens à Kissidougou. Si certains soutiennent qu’on ne doit pas violer le barrage, pour d’autres, par contre, les gendarmes ne doivent en aucun cas violenter un citoyen dont ils sont censés protéger.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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