Sur le plan national, ils sont plus de 6000 agents de la Santé et de l’Éducation à être déclarés absents à leurs postes, suite à une opération de contrôle de présence menée dans ces deux secteurs au mois de mars 2025. À Kissidougou, au total, 564 cas d’abandons de postes sont signalés dans ces 2 secteurs, selon la division des ressources humaines de la préfecture. Conséquence : plusieurs fonctionnaires issus de ces 2 secteurs ont été sevrés de leurs salaires du mois de juillet 2025.
Au cours d’un entretien qu’il a accordé à notre correspondant, Kamano Tamba Momory, chef de division des ressources humaines de Kissidougou, a fait le point de la situation dans sa juridiction.

‘’Au mois de mars dernier, quand les agents recenseurs étaient venus à Kissidougou pour contrôler les présences aux postes des agents de la santé et de l’éducation, ils avaient sillonné les concessions scolaires et les centres ou postes de santé dans la commune urbaine, tout comme dans les communes rurales. Alors, après une analyse profonde de ce travail, l’inspection générale de l’administration publique (IGAP) a rendu public les résultats de ce contrôle. En ce qui concerne Kissidougou, il y a 500 agents de l’éducation qui sont touchés sur 1418 tandis qu’à la santé, ils sont 64 agents impactés sur 250. Mais je précise que dans ce lot, on retrouve les cas des décédés, des malades. Certes, il y a des anomalies que nous avons constatées sur le terrain comme par exemple à la DPE de Kissidougou où certains cadres sont concernés, pourtant, ils sont bel et bien à leurs différents postes.
Par contre, il y a des véritables cas d’abandon de postes, ça, ce n’est pas un secret dans la mesure où, ils sont nombreux ces fonctionnaires qui bénéficient des salaires, mais qui font le petit malin pour ne pas remplir leurs TDR et l’État est dans son rôle de lutter contre les salaires indus’’, a-t-il détaillé.
Continuant, le responsable des ressources humaines n’a pas manqué de rappeler les dispositions prises pour corriger les anomalies concernant les agents qui sont réellement à leurs postes.
‘’Ayant constaté quelques manquements, le département n’a pas tardé de prendre des mesures idoines pour rétablir les gens dans leurs droits. Sur ce, j’ai fait passer un communiqué invitant les intéressés à se présenter avec les documents justificatifs tels que l’arrêté d’engagement, l’attestation de service actualisée dûment signée par le chef de service, la pièce d’identité en cours de validité et les bulletins de paie. Donc, depuis hier jeudi, mon secrétariat a reçu 9 dossiers et je m’apprête à les remonter sans retard.
Je profite de votre site pour lancer un appel à tous les agents concernés par ces anomalies, de rester sereins et de se précipiter pour nous déposer les dossiers demandés ; je promets qu’ils seront vite rétablis dans leurs droits’’, a-t-il précisé.
Du côté des agents impactés par cette situation, c’est de la désolation mélangée à l’inquiétude, surtout que pour les enseignants, ceux-ci s’attendaient à deux mois de salaires. Rencontrée ce matin devant une banque de la place, kadiatou Kourouma, une institutrice impactée par ce blocage de salaire, raconte sa mésaventure.

‘’Moi, j’enseigne à l’école primaire A. Demba dans la commune urbaine. Ce matin, je suis venue à la banque pour récupérer mes 2 mois de salaire, c’est-à-dire, juillet et août au compte du salaire des vacances. Mais à ma grande surprise, le chargé clientèle me dit que je n’ai rien. Je n’ai pas cru à ça. Directement, je suis partie au service GAB, mais c’était le même constat. Pourtant, moi j’ai travaillé pendant toute l’année scolaire et je m’étais fait recenser sans problème pendant le contrôle.
Aujourd’hui, je suis étonnée et déçue à la fois, surtout quand on connaît l’importance de ce salaire de vacances pour un enseignant. Mon mari est parti à la retraite et nous avons une grande famille à nourrir. Aujourd’hui, même pour trouver là où s’endetter, c’est difficile, parce que les gens savent que ton salaire est bloqué.
Je demande à l’État de voir notre situation, sinon, c’est la catastrophique pour nous en cette saison des grandes pluies, surtout que nous n’avons pas autre source de revenus, nous vivons uniquement de nos salaires’’, s’est-elle indignée.
En attendant la correction de ces cas d’anomalies par la fonction publique, ces fonctionnaires vont continuer à tirer le diable par la queue.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 610 454 552
