Après avoir connu un léger retard, la deuxième session ordinaire de la commune urbaine de Kissidougou était programmée ce jeudi 10 juillet 2025. Cependant, par faute de consensus entre les conseillers sur la présence des acteurs de la société civile et des journalistes dans la salle, cette session a été reportée à la dernière minute à une date ultérieure.
En effet, alors que tous les conseillers étaient déjà installés dans la salle de réunion de la Mairie pour le coup d’envoi de leur deuxième session ordinaire, la question de la présence de la presse et de la société civile s’était invitée dans les débats entre les conseillers de l’exécutif communal.
Si certains conseillers ont exigé la présence de ces deux entités au nom du principe de redevabilité, d’autres se sont dit étonnés de leur présence criant à une violation des formes. Alors, c’est dans ce contexte d’incompréhension totale que des voix se sont levées pour solliciter le report de ladite session arguant qu’il était impossible de tenir une session dans un tel climat de tension. Finalement, par respect du principe de majorité, l’exécutif a déclaré le report de la session à une date ultérieure pour donner la chance aux conseillers de statuer sur ce point d’achoppement avant de fixer une nouvelle date.
Au sortir de la salle, le vice-président de la délégation spéciale de Kissidougou, Mamadi Mansaré s’est prononcé sur ce report.

‘’Effectivement, je confirme que la tenue de notre session a été avortée ce matin et reportée à une date ultérieure. Mais avant tout d’abord, je précise que c’est l’exécutif qui organise une session et c’est lui qui convie les acteurs à la session et non l’inverse. Alors ce matin, on était surpris de constater la présence de la presse et de quelques acteurs de la société civile. Personnellement, j’étais curieux et j’ai demandé à savoir qui les a invités. Donc, il y a un conseiller qui a dit que c’était lui qui avait invité la presse et j’ai compris que les autres conseillers n’étaient pas d’accord avec lui. Malgré que je n’étais pas informé à l’avance concernant la présence de la presse, j’étais consentant pour la tenue de la session en leur présence, parce qu’on a rien à les cacher. Mais vu l’insistance de certains conseillers qui ont remarqué qu’il y avait vice de forme et de procédure, on était donc obligé de respecter la voix de la majorité et de proclamer le report.
Je précise que les conseillers ont exigé aussi à ce que le président soit présent désormais à ladite session. Donc, immédiatement, j’ai joint celui-là au téléphone et il a proposé le mardi 15 juillet 2025 comme nouvelle date de lancement de notre deuxième session. Vous savez, l’organisation d’une session c’est une question de période. Nous avons quatre (4) sessions dans l’année ; donc, j’ai constaté qu’il y a beaucoup d’activités qui sont bloquées, parce que les conseillers ne se sont pas prononcés. C’est pourquoi, j’ai décidé en tant que vice-président, d’organiser cette session après avoir obtenu l’aval du président bien sûr’’, a-t-il déclaré.
Surpris par cette attitude de certains conseillers de la délégation spéciale, David Tolno, en tant qu’acteur de la société civile, n’a pas caché sa déception.

‘’En tant que contribuable et représentant de nos différentes structures de la société civile, la session communale est un droit pour nous et c’est même mentionné dans les codes de collectivités locales que les sessions doivent être organisées de façon ouverte. C’est au nom du principe de redevabilité. Donc, si un conseiller dit qu’il est étonné de notre présence à une session, franchement, on se demande si ce conseiller maîtrise parfaitement le code des collectivités. D’ailleurs, cette attitude de certains conseillers nous amène à douter. Qu’est-ce qu’on veut nous cacher? Vraiment, on peut même dire que ce report est perçu par beaucoup de citoyens comme un manque de bonne volonté chez les conseillers, alors qu’ils sont issus de nous, c’est notre confiance qui les a placés où ils sont comme ça. Mais, si eux ne veulent pas nous sentir aujourd’hui, nous allons continuer à nous battre pour que nos droits soient respectés, c’est pour une question de transparence dans leur gestion’’, a-t-il lancé.
Il faut toutefois signaler qu’après le retrait des acteurs de la société civile et des journalistes, les conseillers se sont retrouvés pendant un bon moment à huis clos, pour se concerter. Aux dernières nouvelles, aucune nouvelle date officielle n’a été retenue pour l’ouverture de la deuxième session, malgré la proposition du mardi 15 juillet 2025 par le président de la délégation spéciale.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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