Placée sous le thème « Simandou 2040 et projets miniers : quelles compétences pour transformer le potentiel minier en développement durable ? », la troisième édition du Forum des Mines et du Développement Durable (FOMIDE), tenue les 25 et 26 juin 2025, a été clôturée en apothéose ce jeudi, à l’hôtel Riviera Royal de Conakry.
Durant deux jours, décideurs politiques, experts nationaux et internationaux, représentants d’entreprises minières, membres de la société civile et partenaires techniques, se sont retrouvés autour de panels, de visites de stands et d’autres pour réfléchir aux moyens de mieux former, structurer et mobiliser les ressources humaines guinéennes au service d’un développement minier durable.
Pour cette troisième édition, le forum a mis en lumière la nécessité d’une synergie d’actions entre les différents acteurs du secteur, pour faire émerger un écosystème minier inclusif et résilient.

Pour Mohamed Banks Bangoura, président du comité de pilotage du FOMIDE, le thème a été le point fort de cette édition. « Sa pertinence a marqué les esprits et surtout a été saluée par les différents intervenants. J’ai aussi retenu qu’il y a encore des Guinéens qui peuvent de manière spontanée, et surtout, par intérêt pour les questions débattues, qui peuvent se mobiliser pour venir participer à la réflexion et au début de l’action en faveur d’un développement durable dans le secteur minier en l’occurrence. Et puis, la troisième chose, c’est qu’il y a eu une mobilisation aussi bien de partenaires que de participants, qui nous permettent à travers les échanges, de nous dire qu’on a bien fait d’organiser cette troisième édition du FOMID, que désormais, on l’espère, le FOMID est entré dans l’agenda événementiel comme un rendez-vous important, incontournable.
On ne sait pas, peut-être, très prochainement, ce que nous souhaitons, en tout cas, un rendez-vous important qui propose une réflexion préalable dans la conception des politiques de développement de notre pays et en mettant l’action bien sûr sur les questions de durabilité’’, a-t-il déclaré, avant de d’insister sur l’importance du capital humain.
‘’C’est celui-ci qui permet à toute richesse brute, toute richesse naturelle, d’être une vraie richesse, d’être une plus-value dans la vie d’un individu, dans la vie d’une organisation. La richesse, la ressource naturelle n’a de valeur que si elle est exploitée, soit dans le cadre de l’exploitation, de l’exploration, de la production, de la commercialisation, du transport. Sur toute la chaîne de valeur, il faut qu’on arrive à nous insérer pour faire de cette ressource naturelle soit une richesse qui va nous permettre au quotidien de faire face à des défis qui sont des défis incompressibles, notamment le fait de se nourrir, de se vêtir, d’obtenir une bonne santé, de s’occuper de sa famille. Mais on ne peut avoir ces moyens que si on arrive à se placer au niveau de la chaîne de valeur à un niveau important.
Mais pour se placer à ce niveau, il faut en avoir des compétences, il faut avoir l’information relative à cet écosystème. Il faut être formé pour en avoir les compétences. Ensuite, il faut trouver le bon créneau, soit en tant qu’employeur, soit en tant qu’auto-entrepreneur. C’est ça l’importance du capital humain. Tout ce que nous faisons, nous le faisons parce que nous l’avons appris, soit à travers nos parents, soit à l’école, soit au quotidien, soit dans nos lieux de travail. Et tous ces espaces-là doivent se concerter pour donner le guinéen productif, positif, qui contribue au développement durable de son pays’’, a-t-il insisté.
Pour sa part, Souleymane Cissé, ancien ministre du plan, paneliste, a aussi insisté sur l’importance du capital humain, pour le développement du secteur minier guinéen.

‘’Vous savez que le destin agricole et minier de notre pays a été scellé par la nature. Ce qui fait que nous avons un potentiel. Il faut des ressources humaines compétentes pour pouvoir transformer ce potentiel en richesse. Pour que nous puissions faire face aux différents défis auxquels notre pays est confronté. En développant le secteur industriel, en conférant beaucoup plus de valeurs ajoutées à nos ressources minières. Et en y tirant le maximum de ressources pour qu’avec un effet de cascade, tous les guinéens se sentent concernés par le bienfait de la mobilisation des ressources. Et que cela soit consommé par chaque guinéen par la qualité de la route, par la qualité des soins, par la qualité de l’éducation.
Je pense que c’est une initiative qui fait du chemin. Et il faut persister et insister dessus, pour que cette initiative puisse perdurer. Parce que nous avons encore du temps et nous avons encore beaucoup de secteurs à développer. Et l’action qu’on est en train de mener, peut être mise à profit comme expérience, pour faciliter effectivement la formation des cadres dans le secteur minier, pour que les mines qui seront exploitées à l’avenir, puissent trouver les ressources et les compétences locales pour pouvoir mettre en valeur ces différentes mines. Parce qu’il est inadmissible qu’avec le potentiel que nous avons, nous n’ayons pas pu anticiper à temps pour former les guinéens, pour répondre aux besoins. Donc, il y a un travail de fonds à faire concernant l’adéquation de la formation de l’emploi à la base déjà. Et au niveau du secteur minier, mettre en place des structures qui peuvent permettre de réorienter vers les profils qui se dégagent dans les carrières, pour que nous puissions utiliser la main d’œuvre guinéenne. On exploite guinéen, on transporte guinéen, on transforme guinéen, on consomme guinéen’’, s’est-il exprimé.

Plus qu’une réussite, la troisième édition du Forum des Mines et du Développement Durable (FOMIDE 2025) a été clôturée sur une note de satisfaction.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
