Dans un de nos précédents articles lié à la révolte des femmes de plusieurs villages de la sous-préfecture de Gbangbadou contre la présence des bouviers maliens, quelques citoyennes de ces localités avaient accusé le préfet de Kissidougou d’avoir pris une somme de 70 millions GNF avec ces éleveurs transhumants en provenance de la République sœur du Mali.
Mesurant la gravité de ces propos qu’il qualifie comme étant de simples allégations visant à souiller son honneur, le colonel Charles Kolipé Lamah a accordé un entretien à notre correspondant régional, pour démentir ces accusations et apporter sa version des faits. Dans sa réplique, l’homme en treillis a balayé d’un revers de la main ces déclarations.
‘’Ça fait deux (2) semaines, moi je sillonne les communes rurales de Kissidougou dans le cadre de la sensibilisation pour la réussite du PN-RAVEC et c’est hier que j’ai terminé avec la sous-préfecture de Beindou. Quand on m’a dit qu’il y avait la révolte des femmes à Koïkô, je me suis rendu là-bas nuitamment avec mon cabinet, le procureur, le commandant de la gendarmerie et le PDS. On était là-bas jusqu’à 23 heures. Ce matin encore, depuis 7 heures du matin, je suis présent dans ce village pour calmer la situation. Alors, devant ces femmes, j’ai évoqué cette accusation concernant les 70 millions des bouviers maliens. Quand j’ai fini d’expliquer, ces femmes elles-mêmes avaient dit qu’elles n’avaient pas compris, mais que désormais, elles ont compris que c’était des mensonges. Mais moi je vais prendre 70 millions avec ces gens pourquoi? Si j’avais pris ces 70 millions, je n’allais pas être sur le terrain aujourd’hui jusqu’à cette heure tardive ou bien même je n’allais même pas avoir le courage de venir regarder ces maliens dans les yeux. Moi, j’ai fait beaucoup de choses pour cette préfecture, j’ai donné la place publique à Kissidougou, j’ai offert 500 chaises à la jeunesse et j’ai offert même 10 forages aux populations, alors que ces forages étaient destinés à moi personnellement, mais j’ai pensé à Kissidougou. Sinon, un forage c’est dans les 500 millions (sic). Alors, je m’inscris en faux contre ces accusations infondées qui portent atteinte à mon honneur. Comment moi je peux prendre 70 millions avec ces villageois qui n’ont même pas à manger ?’’, s’est-il étonné.
En outre, au cours de cet entretien, le colonel a accusé les bouviers maliens d’être les seuls responsables de cette situation. ‘’Vous savez, quand il y a eu le communiqué conjoint invitant ces éleveurs transhumants à quitter le territoire guinéen au plus tard le 2 mai, j’ai anticipé une rencontre où j’ai associé le consul malien. Pendant toute une journée, on ne parlait que de ça. Ils avaient promis qu’ils allaient respecter l’esprit de ce communiqué. Donc, à chaque fois, je les appelais pour les rappeler qu’ils devaient quitter d’ici le 2 mai. Donc, s’ils sont face à cette situation aujourd’hui, moi je dirai que ce sont eux les responsables. En tout cas, ça fait mal à un paysan de travailler pendant toute la saison et un beau matin, les bœufs viennent dévaster ça en quelques minutes’’, a-t-il témoigné.
Cependant, à la fin de cet entretien qu’il nous a accordé, le préfet a quand même annoncé la bonne nouvelle aux paysans, tout en les invitant à ne pas recourir à la violence.
‘’La bonne nouvelle est que les bouviers ont commencé à quitter Kissidougou. Je promets que je ne vais jamais renter au bureau tant qu’ils ne vont pas quitter. Ce matin, j’étais à Koïkô, maintenant, je suis sur la route de Hérako comme ça. Je vais sillonner tous ces villages pour m’assurer que les zébus sont partis. J’invite les populations de ces localités à toujours utiliser la voie pacifique et de ne jamais se rendre justice. Mon bureau est ouvert pour tout le monde’’, a-t-il promis.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
