À l’occasion du lancement officiel de la Campagne Agricole 2025 dans la région de Kankan, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, chargé de la récupération des domaines spoliés de l’Etat, Mory Condé avait lors de sa prise de parole, annoncé la récupération et la démolition des constructions contenants boutiques et magasins, situées aux alentours de Silanimangbon, le centre de négoce le plus convoité au grand marché de Dibida, dans la commune urbaine.

Cette opération de déguerpissement a démarré ce vendredi 11 avril 2025, avec des machines Bulldozers, sous le regard impuissant des concessionnaires, propriétaires et locataires de boutiques.

Interrogés, ces derniers déplorent la démarche et accusent les autorités de ne les avoir informés qu’à quelques heures du déploiement du bulldozer sur les lieux, alors qu’ils ne pourront pas déplacer tous leurs marchandises et biens dans le temps imparti.

‘’Ils ne nous ont pas prévenus à temps. C’est à seulement 72 heures avant le début des opérations de démolition qu’ils l’ont fait. Le président Général Mamadi Doumbouya a aujourd’hui le pouvoir, il peut faire ce qu’il veut, comme il veut, mais nous ne sommes pas du tout satisfaits de cet acte qu’il vient de faire. Regardez nos affaires au dehors, qu’allons nous faire? Où pouvons nous aller maintenant? Nous n’avons nulle part où aller. C’est vraiment anormal’’, a dénoncé Marama Kaba, une commerçante victime de ce déguerpissement.
Malgré le mal causé par ces opérations, certains commerçants reconnaissent la nécessité de cette initiative, mais critiquent tout de même le timing qu’ils jugent inopportun à l’approche de la fête de Tabaski. Une fête qui, selon eux, est la période idéale pour mieux écouler leurs marchandises. C’est le cas de Sidiki Fofana, marchand d’habits.

‘’L’initiative est bonne et salutaire, nous félicitons le Général Mamadi Doumbouya pour ça. Mais, il aurait dû attendre après les festivités de la Tabaski pour nous demander de quitter. Maintenant, nous ne savons plus quoi faire. La Tabaski est une période très rentable pour nous. Elle nous permet de faire beaucoup de ventes de nos marchandises’’, a-t-il estimé.
De son côté, Lamine Diawara lui, parle plutôt des difficultés engendrées par ce déguerpissement soudain au centre de négoce le plus convoité par les populations de la ville.

‘’Aujourd’hui, nous sommes victimes de cette expulsion subite. Nous ne savons plus comment faire, surtout en cette période de fête et de rentrée scolaire. Nous sommes des pères de famille. C’est ici que nous gagnons notre dépense pour la famille. Nous demandons au président de la République de nous aider face à cette situation qui nous affecte sérieusement’’, plaide ce vendeur de fournitures scolaires.
Quant à la famille Kaba qui réclame la paternité du domaine, elle affirme avoir des droits sur la partie en démolition et exprime son désarroi.

‘’Ce domaine appartient à notre famille depuis très longtemps. Nous avons été surpris d’apprendre avant-hier que nous devrions libérer les lieux en 24 heures pour la construction d’un marché. Monsieur le président, nos affaires sont maintenant dehors, et nous ne savons pas où aller avec nos enfants’’, se lamente M’Baligbè Kaba, une membre de la famille.


Les victimes de cette opération de déguerpissement seront-elles dédommagées? Pour le moment, aucune compensation ni solution de relogement n’a encore été proposée. Tous les yeux sont désormais tournés vers les autorités de la transition.
Affaire à suivre.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

