Derrière le rideau, de nombreux cadres de l’administration publique guinéenne s’opposent à la digitalisation de la fonction publique.
La modernisation de l’administration est freinée par plusieurs d’entre eux, car elle constitue aujourd’hui l’un des meilleurs moyens de lutter efficacement contre la corruption et le détournement des deniers publics.
Certains anciens de l’administration vont même jusqu’à minimiser l’installation d’ordinateurs dans leurs bureaux, avançant cet argument surprenant : « Plus ton bureau est moderne, plus tu t’attires des ennuis. »
Or, la modernisation de notre administration vise avant tout à assainir les finances publiques en rationalisant son action et son fonctionnement.
Cependant, cette métamorphose passe inlassablement par la formation continue de nos fonctionnaires et contractuels dans le but de mieux maîtriser les procédures et les outils modernes.
Une administration publique charmée par une bonne dose de compétences avec des outils modernes faciliterait par ailleurs en premier lieu de maîtriser les dépenses publiques mais aussi d’augmenter la résilience et la transparence dans la gestion.
Le gouvernement guinéen doit faire preuve d’une plus grande ambition en améliorant l’organisation, le fonctionnement et l’efficacité de l’administration, ainsi que la qualité de la gestion publique.
Certes, la corruption est devenue endémique dans notre administration, mais avec des politiques plus strictes, des réformes structurelles peuvent être mises en place. Parmi les pistes d’action figurent :
– Le développement efficace de l’évaluation des politiques publiques.
– La simplification des procédures administratives avec une dose de décentralisation, comme le cas des passeports et autres documents administratifs.
– La mesure de la qualité du service public à travers des indicateurs très rigoureux.
– L’accélération de la transition numérique, notamment dans la gestion financière
– L’intégration des agences et des opérateurs dans la modernisation de l’action publique.
La question fondamentale reste la suivante : le gouvernement actuel sera-t-il en mesure d’appliquer toutes ces réformes puisqu’il déjà entamé certaines ?
Bien qu’il s’agisse d’un gouvernement de transition, mais l’administration publique repose sur un principe clé : la continuité de l’État, car l’ancien gouvernement aussi avait posé les bases de nombreuses réformes.
Dr. Karamo Kaba
Consultant en Santé publique & Prévention
Tatakaba66@gmail.com
