Seulement 24 heures après la publication des résultats de l’évaluation des partis politiques en Guinée par le MATD, l’ancien parti au pouvoir qui a été suspendu pour trois mois, est monté au créneau ce samedi 15 mars 2025. Malgré son interdiction d’exercer, le RPG Arc-en-ciel a tenu son assemblée générale hebdomadaire.
Les responsables du parti, visiblement irrités par cette décision du MATD, dénoncent une tentative d’affaiblissement de l’opposition et rejettent une mesure qu’ils jugent illégale et arbitraire.
‘’Nous ne craignons rien. Cette suspension ne repose sur aucune base légale. Nous savons que c’est une démarche purement politique que le CNRD est en train de dérouler. Depuis le début, l’objectif, c’est d’anéantir les partis représentatifs de l’électorat guinéen pour se positionner. Mais, c’est peine perdue, ça n’aboutira à absolument rien, parce que la base électorale l’a démontrée pas plus tard qu’avant-hier, ici, pour dire que le parti est encore aussi fort aujourd’hui que par le passé’’, a affirmé Aboubacar Demba Dansoko, membre du bureau politique national.
Pour Aboubacar Demba Dansoko, cette suspension va à l’encontre des principes démocratiques et met en danger le pluralisme politique en Guinée.
‘’Nous, nous n’avons pas de soucis et nous savons que nous sommes dans la légalité. Et c’est un suicide que de penser que les partis politiques doivent cesser d’exister. Un pays a besoin de sa classe politique. Il faut la maintenir, il faut l’entretenir’’, a-t-il ajouté.
Plus loin, le RPG Arc-en-ciel s’interroge sur la légitimité du pouvoir en place et remet en question le cadre juridique de la transition.
‘’La charte de la transition ne gouverne plus la transition, la constitution n’a pas été adoptée. Et dans des conditions normales, il appartient à un gouvernement issu d’une élection, un gouvernement constitutionnel, de mener certaines réformes. En ce qui nous concerne, ce qu’il y a lieu de faire à l’intérieur de nos partis, est clairement défini dans nos textes, les statuts et les règlements intérieurs. Nous fonctionnons en rapport avec cela, mais pas en fonction d’une injonction qui vient de l’extérieur. Surtout, lorsque cette injonction vient d’un jeune militaire qui n’a ni légitimité ni légalité’’, a martelé Dansoko.
Pour finir, il a également interpellé le CNRD sur l’état d’avancement du processus de transition, estimant que les priorités devraient être ailleurs.
‘’Nous demandons au CNRD de nous dire où nous en sommes par rapport à la transition. C’est cette action qui est urgente, qui est nécessaire pour le bien de la Guinée et des Guinéens’’, a-t-il conclu.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
