Poursuivis pour détournement de derniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux en écritures publiques, atteinte à la liberté d’accès et l’égalité des candidats aux marchés publics, complicité et recèle, le procès intenté contre Alpha Mohamed Kallo, Ibrahima Tounkara, Maurice Eugène Alecaut, Afriland First Bank, la société Djoliba pêche et Ejico Sarl s’est poursuivi ce mercredi 12 mars 2025, par devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Ils sont poursuivis par l’État guinéen représenté par l’agent judiciaire de l’État.
A l’ouverture de l’audience de ce jour, le conseil d’Alpha Mohamed Kallo a sollicité la mise en liberté de son client. Me. Jean Baptiste Jocamey Haba a appuyé sa demande en prenant exemple sur les coaccusés de M. Kallo qui ne sont pas détenus et du fait que son client soit en prison depuis 3 ans.
‘’Nous aimerions qu’il soit dans les mêmes conditions que les autres. Comme ça, nous n’aurons plus un détenus marginalisé. Nous sommes dans un dossier un peu particulier, parce qu’en cours de procédure, il y a certains prévenus qui ont été renvoyés. Permettez que M. Kallo soit avec sa famille comme les autres détenus. Vous l’aurez permis de mieux se défendre’’, a-t-il demandé.
Une demande que la partie civile, représentée par Me. Pépé Antoine Lama trouve anormale. L’avocat de l’État guinéen soutient que la demande n’est pas de droit. Selon lui, une mise en liberté est de droit, ‘’lorsque le mandat de dépôt n’est pas renouvelé, lorsque le prévenu est condamné et a purgé sa peine ou a été renvoyé à des fins de poursuite. Ce qui n’est pas le cas dans cette affaire’’.
Néanmoins, l’avocat de l’État guinéen ne s’oppose pas à la demande de mise en liberté. Mais Me. Pépé Antoine Lama invoque l’article 247 du code de procédure pénale qui stipule que le prévenu peut être mis en liberté, mais que cette libération est conditionnée par le paiement d’une caution.
Dans ce cadre de figure, il subordonne la mise en liberté d’Alpha Mohamed Kallo au paiement d’une caution de 30 milliards de francs guinéens.
Quand au ministère public, il s’est diamétralement opposé à cette demande de la défense. Il se base sur le fait que le prévenu ait une double nationalité. ‘’M. le président, pour garantir le maintien du prévenu à la disposition de la justice, lui-même, a dit à mainte reprises ici même, qu’il a une double nationalité. Il y a un risque qu’il sorte dans les mailles de la justice. Toute mise en liberté compromettra la poursuite de la procédure. Nous nous opposons à cette demande de la défense et nous sollicitions qu’il soit maintenu en prison’’.
Et à la défense de répliquer : ‘’Je ne comprends pas pourquoi la partie civile dit que cette demande n’est pas de droit, mais ne nous dit pas en quoi elle ne l’est pas. Le fait d’avoir une double nationalité ne signifie pas que vous vivez partout. M. le président, une partie civile qui demande 30 milliards GNF à mon client, qui reproche à M. Kallo d’avoir détourné 119 milliards GNF, mais qui présente un document avec 119 millions GNF. Est-ce une partie civile sérieuse ?’’, s’interroge Me. Jean Baptiste Jocamey Haba avant de maintenir que les 30 milliards ne tiennent pas, tout comme l’affaire de double nationalité.
C’est après ces échanges houleux entre les parties, que le président de la Cour Yagouba Conté a rendu sa décision. Il a rejeté la mise en liberté sollicitée par la défense d’Alpha Mohamed Kallo.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
