En cette période du mois saint de ramadan et celui du Carême chrétien, la plupart des étudiants Guinéens sont confrontés à d’énormes difficultés liées au manque de moyens financiers pour subvenir à leurs besoins. C’est le cas à Mamou, précisément à l’Institut supérieur de Telico, où notre correspondant régional a interrogé ce lundi 10 mars 2025, quelques étudiants.
À l’Institut supérieur de Telico, situé dans la commune urbaine de Mamou, le constat est très alarmant chez les apprenants, dont certains ne trouvent presque pas de quoi faire au moment de la rupture dû à leur condition de vie très dégradée.
‘’C’est très difficile étant étudiant à Mamou, c’est pas du tout facile. Ce mois c’est un moment très, très difficile pour les étudiants en réalité. On est loin de nos parents, on ne mange pas à notre faim comme cela se doit. Et actuellement aussi, il n’y a pas quelque chose à travers laquelle on peut profiter pour subvenir à nos besoins.
Quand le moment de la rupture arrive, nous sommes obligés de chercher une mosquée, prier avec les gens, pour pouvoir profiter de ce qu’ils ont là-bas comme nourriture. Si c’est lafidi, le to, du riz ou autre… Et si c’est à 4 heures du matin, nous sommes obligés parfois de boire seulement de l’eau si nous n’avons rien. On traverse disons la misère ici’’, a fait savoir Djigué Haba, étudiant au département génie biomédical.
Même galère chez Saran Sacko du même département. ‘’Ce n’est pas du tout facile, nous ne sommes pas avec les parents. Pour faire ma rupture pendant ce mois de ramadan, je suis obligée de partir chez une amie avec qui je suis dans le même quartier pour manger. Je prie et puis je rentre chez moi. Le jour où il n’y a rien là-bas, je suis obligée de me coucher comme ça le ventre vide. Cette situation, je peux dire beaucoup de nos camarades en sont confrontés ici à Mamou’’, a-t-elle regretté.
Aicha Touré, une autre étudiante, a, à son tour, déploré cette condition de vie précaire face à laquelle, aucune mesure concrète n’est encore trouvée par l’État.
‘’C’est vraiment pitoyable ce qui se passe chez les étudiants ici à Mamou. Personnellement, je peux dire que je n’ai pas assez de difficultés, mais pour mes camarades, leur condition de vie est assez critique. On demande à l’État de venir à notre secours, de construire un campus au sein de l’Institut de Telico et de trouver deux autres bus qui vont s’ajouter au seul bus qui est là. Pendant cette période de Carême et de ramadan, les gens souffrent énormément, d’autres gagnent difficilement à manger. Si ce n’est pas des mosquées, d’autres n’ont pas d’autres lieux où se nourrir. Je plaide le président Mamadi Doumbouya à penser aux étudiants pendant ce mois de ramadan et de Carême’’, a-t-elle plaidé.
Rencontré sous l’ombre d’un arbre, Mohamed Kourouma, un autre jeune étudiant en licence 4, a renchéri en ces termes: ‘’On sait tous qu’avec le mois de ramadan, c’est une double dépense. Nous ici, en tant qu’étudiants, ce mois nous a trouvés dans une situation difficile. Moi, je vis avec deux de mes collègues, mais on sait comment on a géré le premier jour. Pour trouver à manger, on se dirige vers la mosquée pour partager le plat avec les autres fidèles. Certains ici à Mamou sont obligés de quémander dans le quartier pour s’en sortir’’, a-t-il déploré.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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