Comme nous vous annoncions dans notre précédent article sur cette affaire, Pr. Mamadou Dhadi Baldé a comparu ce lundi devant le tribunal de première instance de Kaloum. Il est poursuivi pour des faits présumés de détournement de dernier public avec deux autres personnes dont Oumar Yansané et Samuel Koundoua Kamassadouno.
Il s’agit d’une procédure qui est consécutive à un rapport d’inspection déposé par l’Inspection générale de la santé devant l’agent judiciaire de l’État. Ledit rapport reproche au directeur général et à ses coaccusés, de n’avoir pas justifié l’utilisation des plus de 866 millions GNF.
À la barre, le directeur général de l’hôpital national Ignace Deen a rejeté l’accusation, avant d’expliquer comment les fameux 866 millions GNF ont été utilisés
‘’Concernant les 866 millions, il y a eu deux rubriques : il y a la première rubrique des 325 millions et la deuxième rubrique des 541 millions. La première rubrique, c’est-à-dire les 325 millions ont été répartis comme suit : un premier montant de plus 148 millions a servi à l’achat des outils informatiques. Le deuxième montant 117 millions, a servi pour les achats des kits des soins d’urgence : des compléments des kits césariens et des kits obstétricaux. Le troisième montant 54 millions 400 milles, a servi à la couverture des salles opératoires. Les 59 millions ont été utilisés pour l’achat des blouses des médecins. La deuxième rubrique des 521 millions a été utilisée pour payer les primes des cadres de l’hôpital, salaires des contractuels, la connexion internet, la réfection d’une passerelle de l’hôpital’’, a expliqué le prévenu devant le juge audiencier.
Dans sa déposition, il a aussi mis accent sur le retard dans le paiement des subventions. Le médecin assume que celles-ci n’ont “jamais été payées à temps”.
Mieux, Pr. Mamadou Dhadi Baldé n’a pas hésité de remettre en question la qualité de la mission de contrôle. Il signale que c’est en l’absence du DAAF que cette mission est passée et que lui-même n’était pas Guinée. “J’ai quitté pour la Mecque le 21 mai, alors que l’ordre de mission a été signé le 22 mai”.
C’est pourquoi, à la barre, le prévenu clame son innocence en répondant aux quelques questions de précision de ses conseils. ‘’Depuis 40 ans, je suis dans l’administration guinéenne. Ils veulent ternir mon image, salir ma dignité. Je ne mérite pas ça. Après tout ce que j’ai fait dans ce pays’’, a déploré le directeur général de l’hôpital national Ignace Deen de Conakry.
Après sa narration, le président du tribunal a donc renvoyé l’affaire au 24 février pour la suite des débats.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
