Dans la nuit du 23 Janvier dernier, le gouvernement guinéen à travers le ministère de l’agriculture et de l’élevage, a, dans un communiqué, suspendu la transhumance transfrontalière des animaux sur tout le territoire national. A N’Zérékoré, cette décision qui, selon le ministère de tutelle, vise à éradiquer les conflits entre éleveurs et agriculteurs, est prise à bras le corps par la direction régionale dudit département en région forestière.
Rencontré ce Jeudi 30 Janvier 2025, le directeur régional de l’agriculture et de l’élevage en région forestière, s’est penché sur toutes les mesures prises pour garantir cette nouvelle décision de sa hiérarchie.
‘’Toute décision prise par le gouvernement est motivée par des faits. La motivation, c’est que les guinéens évoluent beaucoup dans l’élevage. Avant, la zone forestière n’était pas considérée comme une zone d’élevage. Mais au jour d’aujourd’hui, la plupart des statistiques, montre que la zone forestière en termes d’élevage des gros bétails, dépasse la Haute Guinée et la Moyenne Guinée. Et la Guinée forestière étant connue comme une zone d’agriculture par excellence, donc, l’espace cultural se réduit de façon considérable. Plus le nombre de tête d’animaux s’accroit, plus l’espace pastoral se réduit. Et depuis l’arrivée du CNRD, beaucoup de jeunes entrepreneurs agricoles évoluent maintenant sur le terrain.
Quand on voit sa politique, la création des champions agricoles, l’appui du ministère de l’agriculture mise en place par rapport à la production agricole, a fait que le nombre d’agriculteurs a augmenté au niveau de la forêt. Donc, du coup, l’espace agricole se réduit au profit des éleveurs ; d’où les conflits agriculteurs-éleveurs est remarqué ça et là. Et ça entraine des emprisonnements, des coups et blessures, et souvent même des cas de morts’’, a indiqué Tidiane Kaba.
Poursuivant, le directeur régional de l’agriculture et de l’élevage souligne qu’il faut privilégier les guinéens au détriment des étrangers.
‘’La transhumance qui est saisonnière, et le plus souvent, les maliens, les ivoiriens immigrent vers chez nous à la recherche de pâturages. Puisque les zones se réduisent pour beaucoup plus d’éleveurs guinéens sur le terrain, ce qui fait qu’on ne saurait permettre à d’autres, parce qu’on se réserve dire les « étrangers », parce que c’est le même peuple, mais il faut donner la faveur aux guinéens. C’est ce qui fait qu’on a demandé à ce qu’on sursoit d’abord à la transhumance et essayer de voir dans quelle mesure dans les années prochaines, comment organiser ces situations ? Voilà ce qui a motivé un peu cette décision ministérielle’’, a explicité Tidiane KABA.
Il faut rappeler que, la transhumance transfrontalière des animaux est, selon le communiqué ministériel, suspendue à compter de sa date de publication jusqu’au mois de mars 2026, sur toute l’étendue du territoire guinéen.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 610 620 980
